11.02.2008
Le Seau de Nuit suite
Scène dernière (chez André) André
Silence
Vous aurez une cellule pour vous tout seul.
Silence
Un téléviseur couleur.
Silence
Un évier dans un coin.
Silence
De la nourriture pas chère.
Silence
Un matelas, fin.
Silence
Un médecin local.
Silence
Des ateliers de réinsertion.
Silence
L’eau courante.
Silence
Un radiateur moderne.
Silence
Une fenêtre sur cour.
Silence
Du papier à lettres.
Silence
Des crayons de couleur.
Silence
Des yaourts allégés.
Silence
De la bière sans alcool.
Silence
Une table à quatre pieds.
Silence
Une chaise en osier.
Silence
Un seau de nuit.
Noir
FIN
02:25 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
Le Seau de Nuit
Cette bricole est à considérer sans méthode ni raison. Le procédé d’écriture ne vise qu’à évoquer pour bousculer. La chose n’est en rien moraliste ni amoraliste.
Note à l'attention du metteur en scène
Plus la chose sera immobile et plombée, plus cela sera drôle et horrible. Pas d’effets, ni dans le jeu des acteurs, ni dans la mise en scène. Sobriété, sobriété.
Premier mouvement
Scène 1 (chez André) André, Clotiris
André :
Longtemps, j’ai attendu. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas fait de bruit, dans mon coin. J’ai respiré à petites doses : pour pas gâcher. Rien n’est venu. C’est pas grave, je ne me plains pas. On a tous notre heure à ce qu’il paraît . Hier - c’est drôle non ? De dire hier, quand on raconte quelque chose. Je préférerai dire : demain j’ai fait ça, ça et ça et puis après c’était fini, quatre planches matelassées et puis silence. Je n’aime pas marcher dans l’ombre, cela m’angoisse. Hier, je suis resté chez moi avec mes meubles. On s’est regardé bien en face et puis j’ai avoué. Je n’en pouvais plus de garder toute ma vase sous mes os. J’ai tout dit. C’est plus facile de parler à ses meubles, c’est plus sûr même. C’est bien les tables. J’en ai connu un paquet mais elles le savent pas toute : ce que j’ai fait. J’ai mes préférences tout de même. Je ne parle qu’aux tables en bois. C’est mon goût personnel, ça ne se discute pas. Aux tables en bois je peux parler librement de choses et d’autres, mais celle qui sait tout, c’est celle là. Bien entendu. Elle me connaît mieux que moi-même et puis, elle est belle surtout. Non ? C’est ma table.
Le téléphone sonne
Allô ? Oui c’est bien André Jus… Non, vous ne pouvez pas venir aujourd’hui car je serai sorti… C’est ça au revoir... Ils sont drôles chez EDF, ils ont des costumes bleus mauvais genre avec des tâches. Moi ça me répugne de les voir entrer chez-moi, toucher ma table, fouiller dans les murs pour trouver leur compteur. Je retarde toujours ce moment. Quand on a rendez-vous ; la veille je fais une grosse dépression nerveuse. Je me couche habillé sur mon lit, je regarde le plafond et puis je fais semblant de dormir : pour mes meubles : je ne veux pas qu’ils aient l’impression que je vais mal, je leur épargne mes bobos. Ils me le rendent bien. Une fois qu’EDF est passé je prends double ration d’air, je vois la vie en rose, je fais des petits sauts bruyants sur le parquet et puis ça me revient en pleine figure que dans deux mois ils vont encore vouloir passer.
Entre Clotiris
Ah ! Ah ! en retard, vous êtes en retard ! Clotiris.
Clotiris:
Oui, c’est à cause du trafic dans les rues. Un camion poubelle s’est encastré dans une parfumerie. C’était très drôle. Les petites vendeuses du magasins pleuraient forts de voir les belles bouteilles au sol, mélangées avec des peaux de bananes. Il y avait un policier en uniforme qui agitait ses bras pour se rendre utile. Les éboueurs attendaient à la terrasse d’un café mais ils buvaient du thé : c’était des arabes.
André :
Ils sont gentils les arabes.
Clotiris :
Moins que les africains noirs avec l’accent si joyeux, plus que les asiatiques jaunes qui sentent la friture et ne s’épilent pas le nez.
André :
Et les juifs Clotiris ? Ils sont comment les juifs ?
Clotiris :
Décalottés.
André :
C’est pratique pour faire pipi, c’est plus propre.
Clotiris :
Les juifs sont très propre.
André :
Vous avez apporté votre ouvrage ?
Clotiris :
Il est dans mon sac, au fond.
André :
Eh bien installez-vous sur Joséphine, c’est votre préférée.
Clotiris s’installe sur Joséphine et sort une pelote de laine, des aiguilles à tricoter et le début d’une écharpe carrée.
Clotiris :
Merci.
André :
Non, non, ça me fait plaisir.
Clotiris :
Comment va-t-elle ce matin ?
André :
Elle va bien, elle vous remercie. Mais ne pétez pas ça l’étouffe.
Clotiris :
Pardon pour mes pets passés.
André :
Accepté.
Clotiris :
J’ai vu Boby hier, au magasin. Son moteur est réparé, il pourra bientôt revenir.
André :
Boby est un frigidaire hors pair. J’ai cru le perdre à tout jamais et sans vous…
Clotiris :
Non, non ça m’a fait plaisir.
André :
Rien ne vous obligeait de le porter à réparer. C’était héroïque.
Silence
Clotiris :
Vous ne chantez pas ce matin ?
André :
Je n’ai pas le cœur à ça. Hier j’ai avoué.
Clotiris :
Tout ? Et vous n’avez pas peur.
André :
Non, je suis bien content de savoir que tout est dehors maintenant, surtout pour Théodorine (il caresse sa table), c’est ma préférée.
Clotiris :
C’est normal, c’est la plus belle. Mais si les messieurs de la police viennent et que Théodorine a une attitude bizarre, ça va les mettre sur la piste.
André :
Aucun risque. Si je vais en prison elle ira dans un garde meuble. Elle en mourrait d’être seule dans le noir. Aucun risque.
Clotiris :
Mon ouvrage est triste ce matin. Regardez . Il est carré.
André :
Oui, c’est très moche.
Clotiris :
Je n’ai pas votre talent.
André:
Moi non plus.
Silence
Clotiris :
Quelles nouvelles ?
André :
Le petit chat a rendu son Wiskas au bœuf avec morceau.
Clotiris :
Mince.
André :
Comme vous dites, mince. Il ne l’emportera pas au paradis, son Wiskas. Je l’ai mis à la poubelle, ce matin. Ma belle poubelle bleue en PVC. Elle ne m’a jamais trahie, jamais.
Clotiris :
Moi non plus.
André :
Qu’est ce que vous voulez, quand on est con c’est pour la vie.
Clotiris :
C’est de qui ?
André :
De moi.
Clotiris :
D’accord. Je vous laisse avec votre petit monde, à tout à l’heure.
André :
A tout à l’heure . (Clotiris sort) Il est petit mais il est sympa, Clotiris. Dommage qu’il ne soit pas blond. Je préfère les blonds parce que ça repose les yeux. Je regrette de lui avoir dit que j’avais avoué. Je vais l’empoisonner tout à l’heure, ça le calmera. Il va me le payer cher. De toute manière il ne sert à rien : il tricote mal. Je le mettrai avec les autres, ça lui apprendra à me trahir. Dans la chambre là-bas il fera moins le malin Clotiris monsieur je sais tout. Ça lui fera les pieds, et les mains, et la tête. Ah ! Ah ! la tête qu’il va faire. Je m’en réjouis d’avance. Théodorine ma chérie, on va avoir un locataire de plus.
Il sort
Scène 2 (chez un docteur) André, Le docteur
André :
Vous vous êtes déjà fait enculer docteur ?
Le docteur :
Ça dépend et vous ?
André :
Oui oh moi vous savez, les enculades, c’est pas mon dada.
Le docteur :
Bien. Comment allez-vous monsieur Jus ?
André :
Doucement. Je dors peu ces derniers temps. Je me demande si d’années en années je ne finis pas par vieillir. Par exemple, regardez cette main docteur. Avant, elle était plus vigoureuse, moins renfermée sur elle même. Aujourd’hui elle est pas terrible. Elle ne dit plus rien.
Le docteur :
Dame c’est un drame. Avez-vous essayé la pommade ?
André :
Non.
Le docteur :
Les massages à la boue ?
André :
Non plus.
Le docteur :
Le nettoyage à sec ?
André :
Pour mon costume, oui.
Le docteur :
Et alors ?
André :
Il est propre.
Le docteur :
Donc ce n’est pas si grave.
André :
Vu sous cet angle, effectivement.
Le docteur :
Moi, je me demande si je ne vais pas finir par mourir.
André :
Faites le discrètement, j’ai horreur des morts démonstratives.
Le docteur :
Moi aussi. Vous me cachez quelque chose monsieur Jus.
André :
Comme tout le monde, j’ai mes petits secrets. Mes hobbies.
Le docteur :
Faut pas vous plaindre d’être malade. Un secret c’est la mort au tournant. Sans secret on vit jusqu’à cent ans.
André :
cent ans.
Le docteur :
cent ans.
André :
C’est long.
Le docteur :
Mais c’est bon.
André :
Ah.
Le docteur :
Alors et ce secret.
André :
J’assassine.
Le docteur :
Sur commande ?
André :
Non, non. Je suis à mon compte.
Le docteur :
Ça rapporte ?
André :
Pas lourd.
Le docteur :
Alors pourquoi assassinez-vous, assassin ?
André :
Je vous l’ai dit : c’est un hobby. Si vous connaissiez le nombre d’assassinés vous seriez surpris. (ils se regardent)Dix mille. Ça ne vous surprend pas.
Le docteur :
Allons monsieur Jus, la mort est mon métier.
André :
Exact.
Le docteur :
Seulement dix mille, c’est plus qu’un hobby, ça frise la passion.
André :
J’essaye d’arrêter mais on se fait à tout. A chaque fois je me jure que c’est le dernier.
Le docteur :
Moi ça fait dix ans que j’essaye d’arrêter de fumer et c’est un peu pareil, j’ai du mal à fumer la dernière des dernières.
André :
N’est ce pas.
Silence
Le docteur :
L’heure c’est l’heure ! Vous me devez cent quinze balles.
André :
Oui mais maintenant vous savez.
Le docteur :
Pas d’enfantillages. C’est cent quinze balles. Je veux mon blé.
André :
Qu’est ce que vous allez en faire de votre argent papa ? Je ne peux pas prendre de risques, soyez raisonnable, laissez-moi vous tuer.
Le docteur :
C’est cent quinze balles !
André :
Têtu et bruyant, l’animal.
Le docteur :
Cent quinze balles ! cent quinze balles ! (il meurt d’une attaque cardiaque)
André :
Il s’assassine tout seul celui-là. Il est pas emmerdant. C’est propre.
Il sort
Scène 3 (chez André) André, Clotiris, Amédé
André :
Théodorine ma chérie, il y a du nouveau sous le soleil. Depuis que j’ai avoué je n’arrive plus à me taire. Tout à l’heure encore, j’ai tout dit. Il faut que je me contrôle. Plus question d’avouer. Je vais me taire jusqu’à la fin.
Silence
C’est calme ici. On se croirait dans un cercueil. Quoi qu’il en soit, je préfère vivre comme un mort parce que je serai moins surpris, après. Je prends mes aises avec le néant. Ça me regarde. (il se baisse et prend sous la table un pot de chambre qu’il pose devant lui). Comment vas-tu Chilpéric ? Le soir avant de dormir je pense à toi. La nuit je me lève et hop, je te pisse dedans. Merci Chilpéric : réceptacle à pipi. Théodorine c’est différent, c’est ma femme, on a des relations plus bourgeoise, moins olé olé. Théodorine je lui parle mais Chilpéric je l’urine. Je ne peux pas me séparer de vous, vous êtes mon nord et mon sud. Ça ne s’explique pas ces choses là, c’est inné. Tient, il est midi. Déjà midi.
Entrent Clotiris et Amédé
André :
Comment ça ? Vous venez accompagné maintenant ?
Clotiris :
C’est Amédé, mon cousin d’Amérique
Amédé :
Good evening monsieur André. I’ve heard a lot about you.
André :
Qu’est ce qu’il a ? Il est malade ?
Clotiris :
Si on veut. Il ne parle qu’américain : c’est un prophète.
André :
Mais enfin Clotiris, américain ou non, cousin ou pas, prophète ou athlète : depuis quand venez-vous accompagné ?
Clotiris :
Il est américain André, c’est un grand dépressif et il ne doit jamais rester seul.
André : (pour lui-même)
Comment assassiner ?
Clotiris :
Vous dites ?
André :
Je dis des choses qui me concernent, Clotiris. Cela ne regarde ni vous ni l’américain.
Amédé : (montrant Joséphine)
Can I?
André:
Canaille vous même!
Clotiris:
Il veut prendre Joséphine.
André:
Mais enfin il ne la connaît pas, c’est un monde!
Clotiris:
No you can’t. You don’t know her.
Amédé:
Nevermind, I’ll stand.
André :
Clotiris, faites moi le plaisir d’expliquer au prophète qu’il aille prêcher ailleurs. Je ne veux pas d’étranger sur Joséphine, ni même à côté de Théodorine, surtout quand Boby est malade.
Clotiris :
Amédé, you shall leave.
Amédé :
Nevermind, I’ll be back.
Il sort.
André :
Qu’est ce qu’il a dit ?
Clotiris :
Je serai de retour
André :
Ça ne se fait pas d’aller et venir chez les gens.
Clotiris :
C’est un américain, André.
André :
Foutu malade oui !
Clotiris (montrant Joséphine)
Puis-je?
André:
Faites, c’est fête. Comment voulez-vous votre thé?
Clotiris:
Comme d’habitude, avec un soupçon de lait.
André:
Je vous l’apporte.
André sort, Clotiris reste seul sur Joséphine.
Clotiris:
Joséphine. Demain, je t’emmène. Tu seras bien avec moi. J’ai la clef. J’attendrai de le voir sortir d’ici, tu feras tes valises et nous partirons, loin, dans le sud, là ou il fait chaud et beau. Je t’installerai dans un studio au bord de l’eau. Tu verras la mer, tu verras, c’est beau. André on s’en fiche, il ne nous a jamais pris au sérieux, il s’est toujours interposé, mais c’est fini (il la caresse, André entre à ce moment avec une théière, deux tasses et un sucrier sur un plateau) c’est fini.
André:
On papotte. On subversionne. On trahit.
Clotiris:
Je lui disais que c’était fini, c’est tout.
André:
Fini quoi?
Clotiris:
L’été.
André:
Vous la prennez pour une imbécile! Vous pensez qu’elle n’a pas remarqué que l’été était fini? Allons Clotiris, il faut tout dire.
Clotiris:
Non.
André:
Vous parlerez ou vous emporterez votre silence dans la tombe.
Clotiris:
Soit. Je suis amoureux de Joséphine.
André:
Je sais. Et?
Clotiris:
Je voulais l’emmener avec moi dans le sud.
André:
Qu’en pensait-elle?
Clotiris:
Elle n’a rien dit.
André:
Brave Joséphine. C’est non, elle reste ici.
Clotiris:
Je ne voulais pas vous demander l’autorisation. Je voulais la rapter.
André:
Buvez donc votre thé, ça calmera vos manies stupides…
Clotiris (il prend la tasse que lui tend André et commence à boire)
Pardon André, j’ai fauté.
André:
C’est normal, vous êtes un faible. Mais c’est fini comme vous dites.
Clotiris:
Oui?
André:
Oui.
Clotiris s’affale sur Joséphine, il est mort.
André:
C’est bien fait. Voleur traitre. Animal lèpreux. Vil cochon vertueux. Noir singe hirsute de cauchemard. (Il sort Chilpéric des jupes de Théodorine, il se le met sur la tête et danse chaotiquement. Il finit allongé en le tenant du bout des bras après l’avoir longuement embrassé). A nous! La paix!
Deuxième mouvement
Scène 1 (chez André) André, EDF
On sonne à la porte
André :
Qui sonne ?
EDF (en coulisse) :
C’est l’EDF.
André (pour lui-même)
Crapulerie funeste. Que faire ?
EDF :
C’est l’EDF !
André :
Je ne suis pas sourd et vous n’êtes pas le centre du monde. Je vous avais dit de
ne pas passer aujourd’hui. Je ne suis pas chez moi aujourd’hui.
EDF :
Allons, ouvrez monsieur Jus. Sinon je vous le coupe.
André :
Quelle chose ?
EDF :
Le jus. Sinon je coupe le jus monsieur Jus.
André :
Vous faites de l’esprit devant les portes, chez EDF ?
EDF :
Que voulez-vous, j’ai mon bac, alors je m’en sers.
André :
Entrez bachelier, la porte est ouverte.
EDF :
C’est bien, chez vous.
André :
Oui mais c’est chez moi, c’est pas chez toi.
EDF :
Et le compteur, il est à qui ?
André :
A EDF, c’est vrai.
EDF :
Oui monsieur, chez EDF on est partout chez soi. C’est la devise.
André :
Prenez vous chiffres, puis la porte.
EDF (il voit Clotiris sur Joséphine) :
Il dort ?
André :
Oui, il est crevé.
EDF :
C’est beau de dormir comme un mort.
André :
Hé Hé.
EDF (à Clotiris)
Monsieur ! C’est EDF !
André :
Vous comptez le dire à tout le quartier que vous travaillez chez EDF ?
EDF :
On a sa fierté.
André :
Je vois. Mais laissez le tranquille, il médite.
EDF :
Oui mais dites, le compteur, il est derrière le fauteuil.
André :
Débrouillez vous comme vous voulez mais mon ami ne bougera pas d’ici.
EDF :
Soit. (il plonge la tête derrière le fauteuil et met sa main sur le dossier afin de se retenir. Il touche la joue de Clotiris) Dites-moi, il a pas chaud votre ami. Il est froid comme un mort.
André :
Sans blagues.
EDF (il prend son pouls)
Je vais vous dire mieux : il est mort.
André :
Et vous à votre avis ?
EDF :
Moi ça va bien.
André :
Sauf que quand je vous aurai tué, ça ira mal.
EDF :
Oui, seulement moi, vous ne pouvez pas me tuer.
André :
Pourquoi, s’il vous plaît ?
EDF :
EDF c’est quoi pour vous ?
André :
Des brises noix.
EDF :
Peut-être. Mais en plus de ça, chez EDF, on est fonctionnaire.
André :
?
EDF :
On ne tue pas un fonctionnaire. C’est interdit.
Il sort
André :
Je suis fait.
Scène 2 (chez André) André, Superpénis
André :
Bonjour.
Superpénis :
On m’appelle superpénis
André :
Vous en avez de la chance.
Superpénis :
J’ai un don de ce côté là.
André :
Faites voir.
Superpénis :
Hop.
André :
Effectivement c’est intrigant.
Superpénis :
Je vous le disais.
André :
On a les mêmes chaussures.
Superpénis :
Moi aussi.
André :
Vous entrez chez les gens et vous leur dites qu’on m’appelle superpénis. C’est pas pénible.
Superpénis :
On se fait à tout tout à fait.
André :
Je m’appelle André.
Superpénis :
Je vous avais pris pour un africain.
André :
J’aurai pu mais ma mère était contre. Vous comprenez le racisme.
Superpénis :
Le racisme.
André :
C’est ça qu’est dur.
Silence.
André :
Vous veniez pour quoi déjà.
Superpénis :
Vous êtes gentil mais non, je fais attention en ce moment.
André :
Ah pardon.
Superpénis :
Mon frère fait de la danse à Montpellier.
André :
C’est rare.
Superpénis :
Moktar.
André :
Moi c’est André.
Superpénis :
Je suis au courant c’était un gag. (Silence) C’est rare…Moktar.
André :
On a tous nos problèmes.
Superpénis :
Comme tout le monde.
André :
On est humain.
Superpénis :
C’est ça qu’est bien.
André :
Et mourir pour vous. Ça vous fait quoi.
Superpénis :
Du moment qu’on me l’embaume. Je tiens pas tellement au reste.
André :
Veinard.
Superpénis :
Moktar.
André :
Haut les mains.
Superpénis :
Peau de lapin.
André lui tire dessus avec un pistolet. Superpénis meurt.
Scène 3 (chez André) André
André :
C’est fini les chéris. Papa est cuit. Il a les poulets aux fesses. La fonction publique au portillon. On va tous nous mettre en cellule. On va tous attendre ailleurs la fin. Chilpéric. Joséphine. Théodorine. Mince.
Un temps
J’ai fait comme tout le monde. J’aurais dû dire non.
Scène 3 (chez André) André, Police
Police :
Ouvrez Jus ! C’est la police ! Vous êtes cerné ! Sortez sans scandales ! Rendez vous à la justice !
André :
J’irai pas. J’irai pas, c’est pas moi.
Police :
Le manège est fini Jus. Tu vas payer.
André :
Je suis pas tout seul. Je suis pas le seul.
Police :
Si.
André :
J’ai fait comme tout le monde.
Police :
Tu vas payer Jus.
André :
Je veux pas y aller.
Troisième mouvement
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