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28.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Samedi 17 octobre, à Damas

La veille Nicolas et Adeline nous avaient parlé du régime syrien et de son administration et aujourd’hui nous en avons eu la démonstration. Depuis cette histoire de Jordanie et d’autorisation de transit nous devions absolument avoir des papiers en règle. Nous nous sommes donc rendus au poste d’immigration à côté de l’université où ils nous ont dit d’aller ailleurs. Nous sommes donc partis très énervés vers la place Merje et en ce qui me concerne je trouvais ça très pénible, je n’aime pas les situations pesantes qui semblent insolubles. Arrivés place Merje les fonctionnaires en place nous ont conseillé de retourner d’où nous venions. C’était kafkaien. Cela m’a fait penser au film Brazil. Des papiers, des bureaux, des gens partout dans les étages, des allés et venues, des larmes, des supplications, des espoirs, des disparitions… Heureusement qu’à un moment un militaire présent dans le bâtiment administratif nous a paru compréhensif et la situation a commencé à se débloquer. Nous sommes donc allés dans le bureau 5, puis au deuxième étage, puis à celui de droite au premier étage, puis le deuxième à droite, puis au rez de chaussé, puis au premier, puis au 5ème, puis au 4ème, puis au 5ème, puis au 4ème et enfin au 5ème où un colonel fatigué par l’ennui nous a accordé une autorisation de séjour de quelques jours supplémentaires. C’était ahurissant, il n’y avait aucune organisation, aucune logique. Nous passions d’un bureau à un autre afin d’y recueillir des signatures qui nous autorisaient à passer dans d’autres bureaux et cela sans fin jusqu’au dernier bureau providentiellement favorable. Vers 13 heures nous étions en règle et soulagés de l’être.

Nous nous sommes ensuite rendu chez Elie Achkard, un ami d’Adeline qui tient une boutique d’objets artisanaux syriens près de Bab Sharki. Nous nous sommes installés au fond de la boutique et nous avons bu le thé tout en discutant. Louis et Clovis ont acheté beaucoup de babioles, moi rien.

De là nous sommes allés dans une verrerie artisanale. L’endroit était magnifique. Il y avait trois artisans autour d’un brasier et ils soufflaient dans des pailles en métal au bout desquelles se trouvaient des boules de verre en fusion et les objets quotidiens et vivants et uniques prennaient forme sous nos yeux. Nous sommes restés longtemps à côté d’eux, à boire du thé offert par la maison, à flaner, à rêver. Nous avons alors acheté de nombreux verres pour la France.

Retour au magasin d’Elie Achkard afin de retrouver Adeline. De là nous sommes partis dîner dans un restaurant arménien. Adeline nous a raconté des histoires invraisemblables d’initiation aux rites aborigènes en Australie ainsi que ses reportages sur l’île de la Réunion et sur une île du Pacifique. Intéressant.

Puis godet. Puis retour à l’hôtel bien fatigué où nous avons eu une discussion à propos d’Adeline et de sa mauvaise foi quand à la situation des chrétiens en France…

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