15.04.2008

féeries pour plus tard

Je suis un mirage abandonné des regards

un long soupir de punaise blasée.

 

J’ai rêvé trop fort

j’ai bandé trop tôt.

 

Derrière mes pantomimes

se cache une étoile brisée,

 

adieu soleil nouveau

bonjour matin de nuit blanche

 

éternel.

07.04.2008

printemps

Voici les beaux jours, ô les beaux jours !
obligé d'écouter un langage abscons 
aux terrasses des cafés ensoleillés
alors que les sexes plats se pavanent...
Regrets du lointain automne aux mille couleurs fanées,
adieu hiver solide, propre à la méditation existentielle.
Voici venus les longs mois difficiles de lente chaleur hostile. 

31.03.2008

Appel

Atteindre le vide avec ses jambes et au pas
sentir son poids inexistant
voler les cheveux en bas
et mourir sur le sol jonché d'oiseaux de printemps. 

30.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Lundi 19 octobre, à Damas

Journée de repos et de courses variées. Nous aurions dû aller à Malloulah mais la fatigue a pris le dessus. Nous nous sommes baladés dans le souk où nous avons acheté des sacs, des keffieh, de la chicha…

Nous sommes retournés à la verrerie.

Repos dans le même restaurant que les deux jours précédents. Et enfin tarot à l’hôtel avec Patrice et Philippe, nos deux compatriotes inséparables et collants…

Demain, nous rentrons en France. 

29.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Dimanche 18 octobre, à Damas

Réveil assez tard aujourd’hui. Notre motivation décline. Clovis et moi sommes allés au musée archéologique de Damas qui est magnifique. Louis a dormi et s’est ensuite occupé de sa valise laissée chez la sœur de sa prof d’arabe. Nous avons ensuite attendu Louis derrière la mosquée des Omeyades avec Nicolas. Louis est arrivé après un long moment.

De là nous avons décidé de nous rendre tous ensemble au hammam Nur Ad Din. Endroit délicieux, très propre, très beau. Raffinement arabe. Nous passons de salles en salles où nous nous lavons, nous nous jetons de l’eau glacée sur le corps. Il y avait également deux petits bassins d’eau froide où nous pouvions nous rafraîchir avant de retourner dans la chaleur bénéfique de la vapeur d’eau. Quand vous êtes sec, la serviette que vous avez autour de la taille vous est enlevée par un genre d’eunuque très prévenant. Après cela nous avons dégusté un thé accompagné de bonnes cigarettes avec des serviettes sèches sur tout le corps.

Rendez vous avec des chrétiens dans une église de Damas. La messe est une occasion pour se rencontrer pour les syriens chrétiens et toutes les femmes y sont magnifiques. Elles sont très bien habillées.

Petit narguilé avec nos amis chrétiens derrière la mosquée et prétextant un rendez vous, retour à l’hôtel pour aller dîner avec Patrice et Philippe (les deux français du début de l’histoire que nous avions perdu à un moment et que nous avons retrouvé un peu plus tard). Il y avait aussi Nicolas et Alexandre.

Journée de shopping, de glande et de repos. C’est bon.

28.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Samedi 17 octobre, à Damas

La veille Nicolas et Adeline nous avaient parlé du régime syrien et de son administration et aujourd’hui nous en avons eu la démonstration. Depuis cette histoire de Jordanie et d’autorisation de transit nous devions absolument avoir des papiers en règle. Nous nous sommes donc rendus au poste d’immigration à côté de l’université où ils nous ont dit d’aller ailleurs. Nous sommes donc partis très énervés vers la place Merje et en ce qui me concerne je trouvais ça très pénible, je n’aime pas les situations pesantes qui semblent insolubles. Arrivés place Merje les fonctionnaires en place nous ont conseillé de retourner d’où nous venions. C’était kafkaien. Cela m’a fait penser au film Brazil. Des papiers, des bureaux, des gens partout dans les étages, des allés et venues, des larmes, des supplications, des espoirs, des disparitions… Heureusement qu’à un moment un militaire présent dans le bâtiment administratif nous a paru compréhensif et la situation a commencé à se débloquer. Nous sommes donc allés dans le bureau 5, puis au deuxième étage, puis à celui de droite au premier étage, puis le deuxième à droite, puis au rez de chaussé, puis au premier, puis au 5ème, puis au 4ème, puis au 5ème, puis au 4ème et enfin au 5ème où un colonel fatigué par l’ennui nous a accordé une autorisation de séjour de quelques jours supplémentaires. C’était ahurissant, il n’y avait aucune organisation, aucune logique. Nous passions d’un bureau à un autre afin d’y recueillir des signatures qui nous autorisaient à passer dans d’autres bureaux et cela sans fin jusqu’au dernier bureau providentiellement favorable. Vers 13 heures nous étions en règle et soulagés de l’être.

Nous nous sommes ensuite rendu chez Elie Achkard, un ami d’Adeline qui tient une boutique d’objets artisanaux syriens près de Bab Sharki. Nous nous sommes installés au fond de la boutique et nous avons bu le thé tout en discutant. Louis et Clovis ont acheté beaucoup de babioles, moi rien.

De là nous sommes allés dans une verrerie artisanale. L’endroit était magnifique. Il y avait trois artisans autour d’un brasier et ils soufflaient dans des pailles en métal au bout desquelles se trouvaient des boules de verre en fusion et les objets quotidiens et vivants et uniques prennaient forme sous nos yeux. Nous sommes restés longtemps à côté d’eux, à boire du thé offert par la maison, à flaner, à rêver. Nous avons alors acheté de nombreux verres pour la France.

Retour au magasin d’Elie Achkard afin de retrouver Adeline. De là nous sommes partis dîner dans un restaurant arménien. Adeline nous a raconté des histoires invraisemblables d’initiation aux rites aborigènes en Australie ainsi que ses reportages sur l’île de la Réunion et sur une île du Pacifique. Intéressant.

Puis godet. Puis retour à l’hôtel bien fatigué où nous avons eu une discussion à propos d’Adeline et de sa mauvaise foi quand à la situation des chrétiens en France…

27.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Vendredi 16 octobre, à Damas-Bosra-Damas

Nous nous sommes rendus à Bosra. Nous y avons vu un des plus grands et des mieux préservés théâtre romain.

La journée n’a véritablement commencée que le soir, au Al Aramain où nous y avons rencontré des français, Nicolas et Adeline. Ils sont photographes tous les deux. Nous avons fait un tarot tous ensemble et il y avait aussi un arabe appelé Djalal… Adeline est très grosse et elle est étrange. Elle est intelligente mais elle est à gauche. Ils nous ont parlé de la Syrie, du régime en place comme de la culture arabe. Adeline nous a raconté les divers reportages qu’elle a effectué pour le journal Le Monde et c’était passionnant. Nous avons bu de l’Arak et nous avons fait du bruit. Puis nous sommes allés nous coucher.

Louis et moi avons à nouveau la chiasse.

24.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Jeudi 15 octobre, à Pétra-Damas

Nous quittons la Jordanie aujourd’hui. Nous garderons un souvenir mitigé de ce pays. Les gens sont moins agréables qu’en Syrie et surtout ils ont fait le siège de nos finances. Je fais une parenthèse personnelle. Je me suis rendu en Jordanie à une autre occasion un peu après 1998 et j’avais alors trouvé ce peuple extrêmement sympathique. Il faut néanmoins signaler que je n’avais rien à payer car c’était un voyage organisé…

Nous avons pris le bus depuis Pétra jusqu’à Amman et là une compagnie de taxis nous a proposé de partir immédiatement pour Damas et ce pour 5,5 Jordanian Dinar par personne. Nous acceptons et alors le taximan nous réclame un Jordanian Dinar supplémentaire par personne. Louis, qui tient la bourse depuis le début, refuse. Il se rend dans la boutique et occupe les lieux jusqu’à ce qu’ils cèdent. Trente minutes s’écoulent et nous décidons de leur lancer un ultimatum. Je me rends dans la boutique où nous avions acheté nos tickets et cinq minutes plus tard nous partions.

Arrivés à la frontière, nous avons eu une autre aventure. Déjà à Paris, avant de partir, j’avais entendu parlé de visas à une ou deux ou trois entrées. Je n’avais pas réellement compris de quoi il s’agissait et ne m’en étais pas soucié. Le jour où nous avons fait prolonger notre visa à Damas, nous avions demandé s’il était possible d’aller en Jordanie et de revenir avec les papiers en notre possession. Une personne nous l’avait alors affirmé. Cependant, dès que l’agent responsable de la frontière jordano-syrienne a vu nos papiers il nous a dit de retourner à Amman afin d’acheter de nouveaux visas car ceux que nous lui présentions avaient expiré dès lors que nous avions quitté la Syrie. Palpitations. Clovis s’est chargé du problème et s’est montré très convaincant car une solution a vite fait surface, il s’agissait, bien entendu, d’acheter une sorte de visa ou plutôt une autorisation de transit valable 5 jours. Nous avons donc dû débourser 12$ chacun pour 134£ syriennes. Plus value bien humaine. Cette combine nous a tout de même permis de franchir la frontière et de retourner à Damas, notre ville phare, notre résidence secondaire.

Arrivés à Damas, nous nous sommes rendus à l’immigration mais le bâtiment était fermé. Nous sommes donc directement allé à l’hôtel Al Aramain où nous avions réservé une chambre pour trois nuits. L’hôtel nous a plu et nous y resterons donc plus que trois jours, c'est-à-dire jusqu’à la fin de notre séjour.

Petit dîner dans un restaurant modeste, poulet et riz. Nous avons ensuite acheté de l’Arak pour notre tarot vespéral. Louis a instauré l’archivage des points obtenus au tarot. Il est ravi car il mène. Clovis et moi avons plus de mal. Je suis le dernier.

Demain nous allons à Bosra et nous nous levons tôt.

Louis et moi sommes montés à l’étage de l’hôtel où il y a une terrasse et des gens assemblés et prêts à discuter. Il y avait là un français appelé Alex (il a fait la Catho puis Science-Po à Bordeaux et est très sympa). Il y avait aussi un américain, un hollandais et un canadien. Nous avons parlé des allemands que personne n’a l’air d’apprécier depuis la bévue nazie. Nous avons ensuite parlé de l’Europe et des colonies françaises. Ce fut une occasion pour nous d’exalter les vertus des droits de l’homme comme leur universalité. Nous avons un rôle facile et plutôt généreux face aux anglais qui ne pensent qu’à l’argent et aux américains qui sont prostrés chez eux et n’accueillent les autres qu’avec parcimonie. Nous avons joué du mythe de la France généreuse, intelligente et universelle. C’était émouvant de croire un moment que c’est la vérité, grande satisfaction intérieure, beau rôle, extraterrestre.

23.03.2008

Voyage en Syrie septembre et octobre 1998

Mercredi 14 octobre, à Pétra

Aujourd’hui, Pétra. Pas de petit-déjeuner afin d’économiser de l’argent car la Jordanie est hors de prix par rapport à notre économique Syrie. Ici le touriste est une manne et les prix sont multipliés par cinq. C’est presque plus cher que la France.

La journée fut donc très frugale, nous avons économisé sur la bouffe, quelle hérésie !

L’entrée à payer afin d’accéder au site de Petra est de 20 Jordanian Dinar, presque 150 francs ! C’est horriblement cher mais il faut reconnaître que le site est magnifique, immense et majestueux. C’est aussi un grand lieu d’histoire.

Nous avons passé la journée à crapahuter. Il a fait très chaud, une chaleur sèche mêlée à de la poussière.

Dans le théâtre, creusé à même la roche comme la majorité du site, nous avons assisté à un concert improvisé par de jeunes musulmanes jordaniennes. Elles étaient jeunes, belles et excitées comme tout. Nous avons accepté d’écrire quelques mots de français dans un carnet qu’elles nous ont tendu. Elles étaient ravies. Nous étions en pleine amitié mais ces réjouissances coquines n’étaient pas du goût d’un policier jordanien qui régnait avec quelques uns de ses collègues sur l’ordre des lieux. Il a alors sorti un beau sifflet de sa poche et après avoir pris une courte respiration s’est appliqué à souffler dedans (sans excès). Ce fut la fin de cette rencontre et chacun s’en est allé de son côté.

Nous sommes alors parti en quête d’une improbable piscine, ou plutôt d’un bassin naturel dont quelqu’un nous avait parlé. Au cours de cette quête nous nous sommes perdus dans des gorges magnifiques, peuplées de chèvres, de bédoins et d’enfants.

Voila, c’était une belle journée après laquelle nous avons joué au tarot à l’hôtel en mangeant dans nos chambres des sardines à l’huile, du pain et du thon. Pas très bon.

22.03.2008

Voyage en Syrie, septembre et octobre 1998

Mardi 13 octobre, à Damas-Amman-Petra

Voyage de Damas à Amman (Jordanie) puis de Amman à Petra (site situé à côté de la ville de Wadi Moussa). Nous avons voyagé quasiment toute la journée. Nous sommes partis à 7 heures du matin de Damas et nous sommes arrivés à 11 heures à Amman. De là nous avons pris un taxi pour Petra car les bus jordaniens ne fonctionnent que le matin. C’était cher mais le chauffeur nous faisait passer par la King’s Highway, la plus jolie route afin de nous y rendre. Nous nous sommes d’abord arrêté au mont Nebo où il y a dans une chapelle byzantine un pavement entier en mosaïque. C’est aussi le lieu où, dit-on, Moïse aurait vu la terre sainte et puis serait mort.

Nous nous sommes ensuite arrêté à Madaba afin de voir dans l’église St-George une mosaïque représentant la carte de la terre sainte (VIème siècle).

Voyage à nouveau, chaleur, mal de tête et envie de dormir. Nous avons traversé deux canyon magnifiques, immenses…

Arrivée à Wadi Moussa. Nous avons pris le deuxième hôtel qui se présentait à nous car nous étions très fatigués. Il s’appelle le Al Anbat et coûte 5 Jordanian Dinar la nuit par personne, ce qui équivaut à 40 francs.